Chose promise chose due, voici la suite de notre présentation de la dissertation. Après avoir abordé les questions relatives à l’organisation de son temps, l’analyse du sujet et la formulation de la problématique, il est temps de passer à l’élaboration du plan, la rédaction de l’introduction, du corps de texte et, enfin, de la conclusion.

Rédiger une dissertation : l’élaboration du plan

L’analyse du sujet, si elle a été correctement menée, a rempli votre brouillon d’idées, de liens avec votre cours, d’illustrations. Idéalement, vous avez trié ces différents éléments par ordre d’importance : vous avez mis les idées les plus importantes en relief par rapport aux idées secondaires et aux illustrations. Il n’y a plus qu’à en tirer un plan.

En principe, vous avez reçu des consignes de vos professeurs et chargés de cours sur leurs attentes quant à la structure des dissertations. Appliquez-les. Suivant votre cursus, ils peuvent vous demander une dissertation en deux ou trois parties, avec deux ou trois sous-parties, avec ou sans conclusion. Ils peuvent également avoir des exigences quant à la formulation des titres et sous-titres (interdire, par exemple, l’usage de verbes conjugués), quant au type de plan (thèse/antithèse/synthèse, plan analytique, etc.) Dans tous les cas, il est important de se plier à ces exigences. La dissertation est en effet un exercice qui permet notamment de mesurer votre aptitude à vous soumettre à des consignes. Il est stupide de perdre des points là-dessus, d’autant plus que les sujets donnés aux partiels et examens se prêtent généralement aux exigences académiques.

Munis de la liste des ces exigences, il est temps d’en tirer un plan qui tient la route. Généralement, vous allez opter pour un des trois plans suivants :

Les différents plans possibles pour rédiger une dissertation

  • Un plan dialectique, connu sous l’appellation de plan thèse/antithèse/synthèse. Il s’agit d’un plan qui vous permet d’envisager tous les aspects d’un sujet ;
  • Un plan analytique qui décrit une situation et en décrit les causes et conséquences. Vous traitez le sujet selon une répartition temporelle (plan chronologique : situation actuelle, causes passées et effets futurs) ;
  • Un plan thématique analysant, un à un, les différents thèmes découlant du sujet. Ce plan dérive parfois en plan géographique lorsque le sujet est examiné successivement dans des aires géographiques différentes.

Il est possible qu’un même sujet puisse donner lieu à plusieurs types de plans. C’est même très souvent le cas. Si vous n’avez pas l’obligation de vous cantonner à un type précis, c’est à vous de poser un choix éclairé sur base des idées que vous avez réunies sur votre brouillon. Notez toutefois que vos correcteurs peuvent avoir des préférences. Ainsi, les plans chronologiques ou géographiques peuvent s’apparenter à des choix faciles, contrairement aux plans dialectiques ou thématiques (autres que géographiques) qui demandent plus de réflexion et d’argumentation.

Ceci étant, comment, concrètement, créer un plan ? En utilisant vos idées principales, tout simplement. Si votre plan est dialectique, séparez les éléments qui soutiennent la thèse de ceux qui l’infirment. Analysez le tout et faites-en la synthèse. Séparez, pour un plan chronologique, les idées expliquant la cause d’une situation de celles évoquant ses conséquences. Pour un plan thématique, mettez ensemble les idées qui se rapportent à un même thème et faites de ces thèmes les sujets de vos parties.

Dans tous les cas, n’oubliez pas que votre plan doit répondre à votre problématique. Sachant cela, vérifiez que la question que vous vous posez trouve une réponse pertinente, complète et adéquate dans votre plan.

La rédaction de l’introduction

L’introduction d’une dissertation est très codifiée. Elle comporte un certain nombre d’informations obligatoires et se limite, selon moi, à 25 % de la longueur totale de la dissertation. Son contenu est le suivant :

  • Toute introduction commence avec une amorce ;
  • Elle doit présenter l’auteur de la citation (lorsque le sujet de la dissertation est une citation) et définir les mots-clés ;
  • L’introduction intègreaborde ensuite la présentation du le contexte. Celui-ci peut être historique, géographique, politique, culturel, philosophique, etc. Bien souvent, ce sont plusieurs contextes qui doivent être détaillés ;
  • L’introduction doit également établir l’intérêt du sujet et présenter votre (vos) axe(s) d’analyse ;
  • L’introduction se termine alors par la formulation de la problématique et l’annonce du des grandes parties de votre plan.

Rédiger une dissertation à l’aide de la règles de 5W

Comme vous le voyez, il n’est pas possible d’introduire une dissertation un peu comme on veut. Il est donc important, dès le début de votre analyse du sujet, de relever les différentes informations que l’introduction requiert. Cela vous fera gagner du temps. Pour faire un petit parallèle avec la rédaction web, vous pouvez vous servir de la règle des 5W :

  • Who (qui)
  • What (quoi)
  • Why (pourquoi, comment)
  • Where (où)
  • When (quand)

Outre ses exigences de fond, l’introduction d’une dissertation a une exigence de forme particulière qui se matérialise par un type de rédaction particulier, la rédaction en entonnoir.

La rédaction en entonnoir

La rédaction du corps de texte

Une fois l’introduction bouclée, il n’y a plus qu’à développer les idées répondant à la problématique selon le plan qui a été établi. Il est important ici de produire des paragraphes logiques et argumentés. J’entends par là que la règle un paragraphe = une idée est à appliquer, mais qu’en plus, votre style de rédaction doit mettre en avant une argumentation. Vous ne faites pas que répondre à une question, vous faites bien plus. Vous développez et défendez un point de vue, examinez des enjeux, démontrez quelque chose. Ainsi, quand vous posez une affirmation, vous devez l’expliquer et dire à vos futurs lecteurs ce qui vous permet de la poser : pourquoi affirmez-vous cela ? Quels éléments sont à la base de votre propos ? Pourquoi cette affirmation est-elle exacte ? N’est-elle pas à nuancer ? Etc. Tout doit être expliqué, justifié, argumenté. C’est ça, rédiger une dissertation.

Côté mise en forme, il est possible que votre corps de texte contienne des introductions aux sous-parties, des transitions et des conclusions intermédiaires. Là, tout dépend des consignes que vous recevez. Si rien n’est dit, allez poser la question à votre professeur. Si aucune réponse n’est donnée, leur présence est à adapter à la longueur de votre dissertation et au temps imparti pour la rédiger. Dans le cadre d’un exercice de 4h, il est alors possible de se limiter à une introduction des sous-parties qui prend la forme d’une annonce de plan (et se limite à une petite phrase) et aux transitions (qui sont tout aussi courtes). Dans tous les cas, mieux vaut rendre un corps de texte complet sans ces éléments d’encadrement, que l’inverse. Le manque de développement vous pénalise toujours plus que l’absence des transitions.

La rédaction de la conclusion

La conclusion d’une dissertation, c’est un peu la cerise sur le gâteau et, comme pour tout ce qui concerne la dissertation, elle est soumise à quelques règles :

  • La première partie a vocation à faire le point sur l’analyse développée dans le corps de texte et à en tirer des… conclusions ;
  • La seconde partie est destinée à marquer une ouverture du sujet vers d’autres enjeux, d’autres lieux, d’autres époques, etc.

Relativement courte (plus courte que l’introduction idéalement), elle doit donner une idée des questions soulevées par l’analyse du sujet.

Conclusion

En conclusion, je dirais que la dissertation est un exercice difficile et très codifié. Elle demande de la rigueur, une bonne connaissance de sa matière et une grande capacité d’analyse. Il est normal que les étudiants n’aiment pas s’y frotter, tout comme il est normal de l’inclure dans leur cursus.